Architecture typique
Partant du toit notre regard porte sur :
– une toiture à deux pans parfois de longueurs inégales, avec une croupe ou demi-croupe sur les pignons à forte pente, avec ou sans arrêts de neige. Ces arrêts de neige ne sont obligatoires que sur arrêtés municipaux, en général dès l’altitude de 900 ou 1000 m.
– la tuile écaille
Sa pose est obligatoire dans le centre historique (pour précision, voir le PDA = Périmètre Délimité des Abords en Mairie). Comme la plupart des tuiles, elle est fabriquée en argile (terre cuite), elle est écologique car elle ne contient pas de matière susceptible de polluer l’eau de pluie, même si son empreinte carbone est augmentée par le long temps de séchage. Elle présente une grande résistance au feu et au vent et une bonne isolation thermique. Voir panneau 12(ici)
Elle est facile à poser bien qu’elle soit fragile aux chocs, mais aussi au gel.
Son principal inconvénient réside dans le recouvrement aux deux tiers de chaque rangée, ce qui demande un nombre de tuiles au m2 assez important et donc un poids conséquent au regard de la charpente.
– les génoises, rangée de tuiles canal inversées et crépies, assurant l’étanchéité entre le toit et le mur
Comme son nom l’indique, la génoise est originaire d’Italie et ce sont probablement des maçons venant de Gênes qui auraient apporté cette particularité d’abord en Provence puis dans tout le sud de la France. La technique s’appelait « à la génoise », genovesa en provençal. Les premiers écrits s’y rapportant datent des années 1630-1640. La génoise connaît un grand essor dès le XVIIe siècle. Le nombre de rangs est parfois considéré comme un témoignage du statut social. Mais on peut aussi considérer qu’un plus grand nombre de rangs augmente la largeur du débord de toiture, et donc la protection, en fonction de la nécessité : une maison plus grande et plus haute nécessitant un débord plus important…
– les engrangeous interrompent la génoise. Leur casquette débordant plus ou moins largement de la façade, permet l’installation d’une poulie servant à hisser le bourras, ballot de chanvre enserrant le foin (Voir panneau rue du Bourg). À notre époque, les propriétaires aménagent plutôt des chambres sous les toits, c’est pourquoi on peut observer des lucarnes diverses, équipées de joues ou jouées vitrées dont l’usage est d’éclairer les combles. Ce ne sont pas des engrangeous typiques au sens triévois du terme.
– La façade étroite, c’est la caractéristique des maisons d’artisans toutes mitoyennes. Au rez-de-chaussée l’atelier-salle de vente, l’étage de vie large d’une ou deux fenêtres et au-dessus, le grenier, réserve de fourrage et babelles ; c’est ainsi qu’on appelle les pommes de pins séchées pour allumer le poêle.
Si la maison dispose d’une petite cour à l’arrière il peut y avoir du petit bétail (âne, chèvres…).
– Souvent une cave, ventilée par un grand soupirail, où se tisse le chanvre, dans de bonnes conditions hygrométriques.
– Entre deux maisons, souvent un passage étroit, ou coulinière, permet d’accéder à une courette ou dessert un ou plusieurs petits jardins, par exemple au centre culturel. Il arrive que ce passage soit maçonné jusqu’au toit et visible de la rue seulement par une porte anonyme, comme à la pharmacie.